Pourquoi utiliser des bâtons de randonnée ?

Randonneurs avec des bâtons de randonnée
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Pourquoi utiliser des bâtons de randonnée ?

Il est loin le temps où les vieux briscards des montagnes ricanaient au passage des touristes ayant oublié de laisser leurs bâtons de ski au placard. À deux ou trois brins, télescopique ou emboîtable, le bâton s’est insinué dans les groupes de randonneurs au point que c’est désormais celui qui s’en passe qui récolte les remarques. J’entends de là les derniers réfractaires me dire : « ce n’est pas parce que tout le monde fait quelque chose que c’est forcément à faire ». Vrai. Alors pourquoi devenir quadrupède quand on est né bipède ? Éléments de réponse.

Vos articulations, un capital à préserver

La marche nordique
La marche nordique © Alexander Rochau, Adobe Stock

Le premier argument avancé en faveur des bâtons est la réduction de l’impact de la marche sur les articulations. En effet, si alléger son sac est une première étape, ces derniers permettent de transférer une part non négligeable (un tiers selon les vendeurs les plus zélés) de l’effort sur les bras. Autant d’énergie que vos autres genoux, chevilles, hanches et colonne vertébrale n’auront pas à encaisser. L’argument est particulièrement vrai dans les descentes, où le corps doit à chaque pas retenir le poids du corps et du sac. Ce qui se traduit souvent par des douleurs aux genoux mais entraine également de fortes contraintes sur les disques intervertébraux et les hanches. Or votre médecin vous l’a certainement déjà dit, vos articulations sont un capital limité et les prothèses, quant elles existent, ne fonctionnent jamais aussi bien que la pièce d’origine.

À quatre pattes, on est plus stable

Se stabiliser avec les bâtons de randonnée
Se stabiliser avec les bâtons de randonnée © Johannes Braun

Au-delà d’économiser vos articulations, les bâtons constituent un avantage quand il s’agit de garder l’équilibre. Ne vous êtes-vous jamais retrouvé sur un passage boueux ou un névé déversant, à regarder jalousement votre voisin prendre appui sur ses « cannes » quand vous vous étiez vantés de ne pas en avoir besoin ? N’en déplaise aux tenants de la théorie de l’évolution, quatre pattes, ça reste plus stable que deux. D’autant plus quand on évolue sur un terrain accidenté et/ou glissant, avec un sac chargé sur le dos. Alors bien sûr, vous endettez vos chances d’amuser la galerie en vous retrouvant les quatre fers en l’air et le dos plein de boue. Mais vous réduisez d’autant le risque d’un accident bête, susceptible de mettre fin prématurément à la traversée de vos rêves. Allez…votre sécurité vaut bien un petit déficit d’humour.

Plus de puissance à effort égal

Randonneuse avec des bâtons de marche
Randonneuse avec des bâtons de marche © Johannes Braun

Vos bras viennent en soutien de vos jambes, vous pouvez compter sur deux appuis supplémentaires pour assurer votre stabilité. Résultat : vos efforts sont plus « utiles ». En effet, au lieu de forcer sur vos seules jambes et d’avoir à compenser vos pertes d’équilibre, votre corps peut se concentrer sur le l’effort de marche. Pour un maximum d’efficacité il faut, comme avec tout nouvel outil, prendre le temps d’apprendre à utiliser vos bâtons. En ajustant ces derniers à la bonne hauteur (le coude doit former un angle droit), en imprimant aux bras un mouvement inverse à celui des jambes, et en dosant l’appui, le haut du corps devient un parfait complément du bas. Sans compter que ce mouvement « métronome » vous aide à réguler votre rythme et votre respiration, condition sine qua none pour maximiser votre endurance.

Franchir, tester, détourner

Marcher avec des bâtons de randoonée
Marcher avec des bâtons de randonnée © Johannes Braun

Sauter de pierre en pierre dans un éboulis de gros blocs, traverser une rivière en furie ou enjamber un fossé, franchir un tronc d’arbres barrant le chemin. Une fois apprivoisés, les bâtons de randonnée seront vos alliés à chaque obstacle. Véritables prolongements de vos bras, ils vous serviront par ailleurs à tester la stabilité d’un pierrier, à sonder l’épaisseur de la neige ou la profondeur d’une rivière avant de vous engager ou encore à désigner un lointain sommet à vos petits camarades. Sans compter les nombreux usages détournés : piquets pour construire un abri avec votre cape de pluie, attelle pour soulager un compagnon blessé, moyen de défense contre les bêtes sauvages ou arme de chasse quand la faim guette le groupe. Un monde à découvrir.

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