Addict aux Dolomites

Le refuge Antermoia et la Cima di Dona dans les Dolomites
Récits de voyages, Récits de l'équipe

Addict aux Dolomites

Dimanche 5 août 2018. Me revoilà sous les grands arbres du parc qui sépare la gare de la belle place Walther, à Bolzano (Bozen en Allemand), en Italie. Une date spéciale : c’est le vingtième été que je viens accompagner des tours dans les Dolomites.

20 ans, ce n’est plus de l’amour, c’est de l’addiction. Et non seulement je ne veux pas guérir, mais ce post n’a d’autre but que de vous coller le virus.

Le refuge Antermoia et la Cima di Dona
Le refuge Antermoia et la Cima di Dona © Pierre Paillat

Bon, j’imagine que si on vous dit : Dolomites, vous pensez via ferrata. Alors ça, on va l’oublier pour le moment.

Les Dolomites, c’est une grande zone de montagnes calcaires, des pré-alpes, logées tout en haut du nord-est de l’Italie, contre la frontière Autrichienne et à cheval entre la Vénétie et les provinces de Trento et de Bolzano. Ces dernières ne sont Italiennes que depuis 1918, et donc dans cette zone, on parle aussi bien Italien qu’Allemand. Est-on dans l’aire latine ou l’aire germanique ? La réponse est « oui, bien sûr. ».

Alors, pourquoi quand on va une fois dans les Dolomites, on n’en revient pas ?

Il y a de toute évidence les paysages. Uniques (oui, je sais, comme de partout). Non, vraiment. C’est même au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce n’est pas si haut, si on compare aux Alpes Autrichiennes qui pointent à l’horizon ou à la Suisse qui n’est pas loin, mais il y a beaucoup de sommets de 3000m et plus quand même, et voilà comment c’est fait :

Dans les vallées, c’est le (Sud)Tyrol comme sur les photos qu’on voit de partout. Grandes forêts, villages tout fleuris de géraniums, prés de fauche et vaches :

Le Lago de Ajal
Le Lago de Ajal © Pierre Paillat

Un peu plus haut (vers 1800 à 2000m quand même), de vastes alpages absolument verts et encore des vaches, mais pas seulement :

Le Val di Dona
Le Val di Dona © Pierre Paillat

Et plantés là-dedans de colossales dents rocheuses toutes sculptées par l’érosion, et toutes différentes (et plus de vaches du tout !) :

Le Passo Gardena et il Sella
Le Passo Gardena et il Sella © Pierre Paillat

Sur les photos on trouve beau, mais quand on y est, c’est autre chose. Il faut un temps pour que l’œil s’acclimate à ces perspectives, pour qu’on accepte sa nouvelle taille relative, disons le : minuscule.

Dans le Val Lastiès
Dans le Val Lastiès © Pierre Paillat

Une fois qu’on a un peu encaissé le coup, on s’aperçoit vite qu’on peut très bien circuler au milieu de tout ça sans plus de souci qu’ailleurs, et surtout qu’un des points communs entre les deux cultures c’est le sens de l’accueil et la bonne humeur. Les hébergements sont confortables, la nourriture… comme en Italie (c’est tout dire), les sentiers nickel-chrome (sauf certains, mais très haut), le climat plus favorable que dans les massifs plus au nord. Bref, c’est le pays de Cocagne. Si on a un peu de mollets quand même, faut pas mentir.

Et comme c’est très grand, eh bien on peut y revenir souvent sans trop tourner en rond.

Allez, un petit florilège des bons coins

À tout seigneur tout honneur, l’ami Peter Messner (et sa famille), au refuge Gampenalm :

Peter Messner, au refuge Gampenalm
Peter Messner, au refuge Gampenalm © Marie-Paule Sottiaux

Il peut neiger dehors (ça arrive parfois), chez les Messner, le coeur est toujours au chaud. Et, euh, aussi l’estomac. Entre la cuisine de Teresa et la cave de Peter, il faut se motiver pour repartir le lendemain.

Mais on y arrive (on se dit qu’on reviendra), surtout que c’est un peu la même chose plus loin.

A Tierseralpl par exemple, chez Judith, Stefan et leurs enfants. 2440m d’altitude. Un grand refuge entièrement rénové, lumineux, et situé dans un lieu inoubliable, en pleine montagne. Le must, aller voir le soleil se lever le matin sur les massifs (vers 6h30 en juillet, eh oui, on n’est pas à Disneyland, les gars) :

La nouvelle salle du refuge Tierseralpl
La nouvelle salle du refuge Tierseralpl © Pierre Paillat
Le matin tôt devant le refuge Tierseralpl
Le matin tôt devant le refuge Tierseralpl © Pierre Paillat

Et aussi chez Filippo et sa famille au pied de la paroi du Rosengarten, au refuge Scotoni dans son vallon du bout du monde, à Friedrich August sur le rebord de l’alpage, juste avant le creux, à Piz Boé dans le ciel (3150m d’altitude et on y va à pied !) etc, etc.

Piz Boé, sans commentaire...
Piz Boé, sans commentaire... © Pierre Paillat

Le Rosengarten justement, le voilà. Immense paroi absolument verticale, lieu de légende (il y a des dizaines de légendes dans les Dolomites) :

Photo de groupe devant le Rosengarten
Photo de groupe devant le Rosengarten © Pierre Paillat

Ce n’est pas la plus haute paroi, la plus haute c’est celle du Civetta, plus au sud et qui mesure 1200m de haut. Elle ne rentrait pas dans le cadre de la photo, mais voici celle du Sassolungo, 1000m de haut :

Le Sassolungo depuis la vallée de Val Gardena
Le Sassolungo depuis la vallée de Val Gardena © Pierre Paillat

Et les célèbres 3 cimes de Lavaredo,  haut lieu de l’alpinisme mondial, site aussi improbable qu’inoubliable (vous vous souvenez des dos de dinosaures de votre enfance ?) :

Les 3 Cimes de Lavaredo
Les 3 Cimes de Lavaredo © Pierre Paillat

Et des vallées glaciaires gigantesques, Travenanzes par exemple :

Le Val de Travenanzes, loin de tout
Le Val de Travenanzes, loin de tout © Pierre Paillat

Des déserts d’altitude, comme à Puez :

La Gardenaccia, sur le plateau de Puez
La Gardenaccia, sur le plateau de Puez © Pierre Paillat

Des coins de Paradis, comme sur le grand alpage de Siusi, avec son sol volcanique sombre et sa végétation vert profond, ses chevaux « haflinger » :

L’alpe de Siusi vers le refuge Zallinger
L’alpe de Siusi vers le refuge Zallinger © Pierre Paillat
Cheval « Haflinger »
Cheval « Haflinger » © Pierre Palliat

Et des centaines d’autres coins à couper le souffle, et d’autres encore où se poser et respirer :

On ne dirait pas, mais il est facile de descendre à cet endroit !
On ne dirait pas, mais il est facile de descendre à cet endroit ! © Pierre Paillat
Au-dessus du refuge Genova
Au-dessus du refuge Genova © Pierre Paillat

Bon, les via ferrata (en Italien on dit vie ferrate au pluriel, faut vous y mettre, c’est une belle langue).  Oui, bien sûr, il y en a plein, des faciles et des engagées. C’est là qu’on les a inventées. Si ça vous tente, pas de souci, elles sont là.

Mais on n’est pas obligé du tout. On peut aussi faire de l’escalade classique, avec toutes ces parois, on a l’embarras du choix (mais pas beaucoup de voies de moins de 300m !).

Je taquine. Il y a surtout des centaines de km de sentiers où on ne met pas les mains. Enfin, pas souvent du tout. Un peu quand même dans certains endroits.

Un truc spécial pour finir

La roche est plutôt claire (en Italien, les Dolomites sont appelées « I Monti Pallidi », les monts pâles), et réagit aux changements de lumière au cours de la journée, notamment au coucher du soleil, où ça peut devenir franchement dantesque (en Italie, on peu s’y attendre) :

Coucher de soleil sur le massif des Odle
Coucher de soleil sur le massif des Odle © Pierre Paillat

Avis aux photographes.

A bientôt là-bas, a presto, bis bald !

La Griffe du Diable
La Griffe du Diable © Pierre Paillat

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