Laura Kankaanpää, assistante cheffe de produit chez Grand Angle, a parcouru l’Amérique latine pendant 7 mois. Après la Colombie, la Bolivie et l’Équateur, elle partage ici ses observations sur le trek au Pérou. Géographie, cuisine, itinéraires et formation des guides : ce retour de terrain rassemble ce qui l’a aidée à comprendre la destination, avec ses atouts et les temps de trajet à prévoir entre les régions.
La géographie du Pérou
Le Pérou est un pays relativement grand (1,28 million de km²) avec une concentration en population très inégale, près d’un tiers vit dans la région de la capitale, Lima. Les Andes traversent le pays avec à l’ouest une grande côte pacifique assez désertique et sableuse alors que la partie est abrite en grande partie la forêt amazonienne. En son centre, le parc national du Huascaran est le symbole de la cordillère des Andes avec la chaîne de montagnes tropicales la plus haute au monde: la cordillère blanche. C’est le lieu de fameux treks (cités plus loin dans cet article), le parc national de Huascarán compte 27 sommets enneigés dépassant 6 000 m. La cordillère des Andes est intimement liée à l’identité géographique du pays et il y est donc assez long d’y circuler. Par ailleurs, les paysages sont souvent spectaculaires.

La géographie du Pérou, l’Alpamayo © Laura Kankaanpaa
La nourriture

Petit-déjeuner typiquement péruvien © Guillaume Lorimier
Dans les grandes villes et surtout à Lima, on peut participer à un cours de cuisine péruvienne. Grâce au prix de 'meilleur chef du monde 'gagné par le chef peruvien Virgilio Martinez, ces cours sont de plus en plus demandés. Nous avons participé à un mélange de 'free walking tour 'et 'cours de cuisine’à Lima où nous avons pu préparer notre propre 'ceviche’et “causa”, les 2 plats typiques du Pérou et de Lima.
A part quelques plats typiques, nous avons trouvé de la nourriture péruvienne proche de la nourriture bolivienne. Beaucoup de plats sont basés sur le quinoa, le riz ou les patates. Notre plat préféré est lomo saltado : un plat avec des morceaux de viande de boeuf, oignons et frites dans une sauce bien salée accompagné avec du riz. Comme en Équateur, le cochon d’Inde grillé fait partie des mets réservés au jour de fête, nous l’avons goûté à la fin de notre voyage !

Lomo Saltado péruvien (haut), Le Cuy chactao, le cochon d’Inde grillé (bas) © Guillaume Lorimier
Il faut savoir que les péruviens appellent l’avocat 'palta’et les spaghetti 'tallarin '.

Soupe de semoule péruvienne (gauche), Le Tallarin Verde, un pesto à la péruvienne (droite) © Guillaume Lorimier
La bonne surprise, c’est que nous avons réussi à trouver du bon fromage (à l’origan) dans les marchés. Nous avons aussi pu tester le vin doux de Pisco que nous avons trouvé plutôt bon. Sans oublier la boisson typique péruvienne, le Pisco qui est utilisé pour préparer le cocktail Pisco sour.
Le Trek, très développé au Pérou
Parmi les 4 pays que nous avons visités, le Pérou est le plus développé au niveau du trekking. Comme dans les autres pays, la plupart des randonneurs sont des touristes. Malheureusement, il y a très peu de péruviens qui font de la randonnée ou treks. Mais nous en avons quand même rencontré quelques-uns sur les chemins!
Beaucoup d’agences péruviennes proposent des treks pour une moyenne de 40€ /jour, tout compris. Un trek fait travailler beaucoup de monde parce que souvent, l’équipe comprend 1 à 2 muletiers avec au minimum 4 mules, un cuisinier, un guide, un cheval de secours, un chien…
Beaucoup des touristes achètent un tour avec une agence car c’est plus simple et assez bon marché. Les refuges en montagne avec un service de demi-pension sont rarement disponibles et les sentiers ne sont pas balisés.
Les treks passent souvent dans les communautés rurales qui sont habitées par les éleveurs de lamas, d’alpagas et/ou de vaches. Sur les treks les plus fréquentés, ces personnes demandent souvent de payer le passage dans leur communauté. Sur les treks les plus connus, un droit de passage peut coûter jusqu’à 10€ et souvent, il y a plusieurs communautés à traverser. Même si quelques fois, le tarif semblait élevé pour le niveau du pays avec 10€ par personne pour seulement traverser un endroit, nous avons pensé qu’au moins, l’argent est partagé entre les gens de la communauté et pas seulement par un seul propriétaire privé.
Paradoxalement, la participation était parfois moindre et nous avions aussi accès à des bains chauds en plein air à 40°C !
Le Pérou est souvent connu pour être un pays de trek, et pour cause. On y retrouve de nombreux itinéraires en montagne de toute beauté, tandis que certains rejoignent des sites archéologiques importants (Machu Picchu, Choquequirao), d’autres sont de véritables bijoux autour de massifs enneigés spectaculaires. Pour ne citer que le top 3 : tour de l’Ausangate, tour de l’Alpamayo, tour de Huayhuash. Ce dernier est même classé 2e plus beau trek du monde après le tour des Annapurnas !

Le trek de l’Ausangate et petit troupeau de lamas © Guillaume Lorimier

L’Alpamayo, une des plus belles montagnes du monde © Guillaume Lorimier
Nous avons trekké le long des 3 itinéraires et pouvons témoigner des paysages magnifiques composés de vallées glaciaires, de montagnes colorées, de glaciers suspendus, d’innombrables lagunes de diverses couleurs et des troupeaux de différents animaux (lamas, alpagas, vaches, moutons, …)

Le Grand Tour de la cordillère Huayhuash © Guillaume Lorimier
Nous étions aussi surpris de découvrir qu’à travers ces parcours généralement situés au-dessus de 4000m, il y avait régulièrement des habitants !
Pendant notre trek de Huayhuash, nous avons été invité dans un tente de cuisine d’une agence et ils nous ont même offert une soupe et du café. Nous avons remarqué qu’en général les guides, muletiers et cuisiniers étaient toujours très serviables et intéressés pour discuter avec les personnes qui faisaient le trek en autonomie.
La formation des guides
Au Perou, il y a deux moyens de faire la formation de guides. Il est possible de se former en tant que guide touristique et de choisir la spécialisation montagne. Mais il est également possible de suivre la formation la plus complète de guide de haute montagne avec l’école de haute montagne à Huaraz.
Nous avons eu la possibilité de rencontrer Mercedes, une des premières guides de randonnée diplômée féminine. Elle est aussi responsable de l’association internationale des guides de trekking, grâce à la certification UIMLA. Pour obtenir la certification internationale au Pérou, il faut participer et payer un cours supplémentaire. Alors qu’en France, la certification internationale est automatique. Par ailleurs, les guides péruviens ne sont pas formés pour la gestion des risques sur la neige et les avalanches. Comme indiqué sur leur carte pro, ils ne travaillent pas en terrain enneigé car il n’y a pas d’hiver comme en Europe.

Mercedes, une des premières guides de randonnée diplômée féminine au Pérou © Guillaume Lorimier
Ce que nous retenons pour préparer un trek au Pérou
Le Pérou nous a séduits par la variété de ses itinéraires et par la qualité des échanges avec les professionnels rencontrés. Les distances entre les régions montagneuses demandent toutefois de faire des choix : mieux vaut approfondir un massif que multiplier les longs transferts. Notre conseil issu de ce voyage est simple : gardez du temps pour vous acclimater, discutez du niveau réel de chaque étape et construisez le parcours à partir de votre expérience en altitude.
Article écrit par
Laura Kankaanpää
Experte des voyages dans les Alpes et en Scandinavie
Venue de Finlande, cette éprise de la montagne s'est installée dans les Alpes françaises. Elle vous partagera ses passions de tous les jours (ski de fond, vélo de route, randonnée, course à pied...) et vous emmènera sur… Lire la suite
















