Onze jours, près de 3 000 kilomètres et une voiture qu'il a parfois fallu pousser sur une route verglacée : notre tour de l'Islande en novembre nous a vite rappelé que l'île se découvre au rythme de sa météo. Ce récit rassemble les huit expériences qui nous ont le plus marqués, des cascades aux bains chauds, avec ce que nous referions lors d'un prochain voyage.
Nous avions choisi la route circulaire pour découvrir Reykjavik, les fjords, les zones volcaniques et les glaciers. En hiver, les conditions changent rapidement : nous avons consulté l'état des routes et adapté nos étapes chaque jour. Si vous préparez votre séjour, gardez cette marge et choisissez quelques priorités plutôt que de vouloir tout cocher. Voici les nôtres.

Route 1, Église de Seyðisfjörður et paysages des fjords © Martin Devosse et Remi Trolais

Paysage typique islandais © Rémi Trolais
Voici une liste (non exhaustive !) de tous les sites que nous avons visités, admirés, adorés...
Les cascades en Islande
Les cascades sont légion en Islande, chacune ayant ses spécificités et son histoire. Nous aurons l'occasion d'en découvrir une dizaine. Il y a bien sûr Gulfoss , la "chute d'Or", la cascade la plus célèbre d'Islande, puis Svartifoss avec ses fameuses colonnes de basalte, ou encore Godafoss, aussi appelé « cascades des Dieux » : ici, "diseur de loi" et médiateur Þorgeir Þorkelsson renonça à ses dieux en y jetant ses objets de culte, montrant ainsi le chemin au peuple islandais qui se décida à se convertir au christianisme. Moins réputées mais toutes aussi superbes, à ajouter sur la liste des cascades à voir : Dettifoss, Skogafoss ou encore Seljalandsfoss. Pour cette dernière, un chemin permet de passer derrière la cascade et de l'observer d'un tout autre point de vue. Mais attention, la douche est assurée !

Cascade de Goðafoss et Svartifoss © Martin Devosse Cassandre dufour
Se baigner dans les sources d'eau chaude d'Islande
Véritables institutions dans le pays, nous ne pouvons faire l'impasse sur les sources d'eau chaude et ses bains, une activité bien établie dans les habitudes des locaux. Grâce à la forte activité géothermique du pays, l'Islande regorge de points d'eau chaude, aux températures variables (certaines proches de 100°C et d'autres « pile idéales » pour les baigneurs). Nous choisissons d'éviter le Blue Lagoon, pourtant très réputé, trop touristique et trop cher à notre goût. Nous donnons la préférence à d'autres sources moins grandes, certes, mais plus intimistes et traditionnelles. Le soleil se couchant tôt à cette période de l'année (vers 16h30 - 17h), les visites en extérieur en fin d'après-midi sont limitées. Les bains thermaux sont donc un excellent compromis pour occuper nos soirées, et une bonne occasion pour un « apéro » dans un cadre pour le moins inhabituel ! Se baigner dans une eau à 40° environnés de neige, avec une température ambiante proche du zéro, c'est une expérience jouissive ! Nous la renouvellerons plusieurs fois. Nous avons sélectionné des établissements avec entrées payantes, mais équipés de vestiaires et de douches, comme les bains naturels de Myvatn, le Secret Lagoon et Vök Bath. Attention, pour des raisons d'hygiène, il est ici obligatoire de se doucher entièrement nu avant de pénétrer dans l'eau chaude. Que les plus pudiques se rassurent : les vestiaires ne sont pas mixtes et les islandais sont habitués à cette nudité qui ne gêne personne, à laquelle personne ne fait attention. D'autres bains thermaux se situent dans des endroits en accès libre, en pleine nature, tels que Grettislaug et Jarslaug. L'odeur de soufre, due à l'activité volcanique, est très présente, notamment dans l'eau chaude, ce qui peut surprendre lors des premières douches. Mais on s'y habitue !

Trou d'eau chaude © Martin devosse

Mývatn Nature Baths © Rémi Trolais
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Admirer les volcans en Islande
Grandes plages de sable noir, vastes champs de lave et innombrables cratères : les volcans et leurs éruptions ont façonné le paysage islandais. Nous profitons de nos derniers jours dans la péninsule de Snæfellsnes pour traverser les champs de lave qui longent la route, puis visiter la grotte de lave de Vatnshellir, associée au roman de Jules Verne « Voyage au centre de la Terre ». L'odeur de soufre flotte dans l'air et nous accompagne.

Plage de Djupalonssandur © Rémi Trolais

Grotte de lave et plage de sable noir Vik i Mrdal © Martin devosse
Randonner sur les glaciers d'Islande
Les glaciers couvrent environ 10 % du territoire islandais. Équipés de piolets, de crampons et de casques, nous partons avec notre guide et le reste du groupe pour quatre heures de randonnée sur une langue du Vatnajökull. Nous progressons sur la glace, traversons une grotte et contournons les crevasses jusqu'au point haut prévu par le guide.

Randonnée sur le glacier de Vatnajökull © Rémi Trolais

Dans les crevasses du glacier de Vatnajökull et traversée d'une grotte de glace © Remi Trolais
La présence de glaciers sur le territoire permet la formation de lacs glaciaires tels que Jökulsarlon, un endroit magique, lieu de tournage de films comme « Meurs un autre jour », mais aussi de plages comme Diamond Beach où viennent s'échouer des blocs de glace, diamants de cristal sur écrin noir.

Jökulsárlón © Martin Devosse
Faire de la plongée en Islande
La grande frileuse que je suis passera son tour sur cette activité ! Mais les deux intrépides qui m'accompagnent partent pour une session snorkeling dans l'eau translucide de la faille de Silfra, située dans le parc national de Thingvellir. Cette faille marque la séparation entre les plaques tectoniques eurasienne et américaine. Les combinaisons (fournies bien sèches : courageux mais pas téméraires !) dont ils sont équipés leur permet d'apprécier cette expérience magique, dans une eau continuellement entre 2 et 4°, sans souffrir du froid.
Assister à l'éruption d'un geyser en Islande
Le Cercle d'Or relie notamment la cascade de Gullfoss, le parc national de Þingvellir, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, et la zone géothermique de Geysir. Geysir, qui a donné le mot « geyser », entre rarement en éruption aujourd'hui. À proximité, Strokkur est beaucoup plus actif : nous l'avons vu jaillir plusieurs fois pendant la visite.
Aller à la rencontre de la faune en Islande
Difficile de parler de la faune islandaise sans évoquer le macareux moine, l'oiseau emblématique du pays, que vous voyez reproduit dans tous les sens dans les magasins de souvenirs. Hélas pour nous, il n'y a que là que nous aurons un aperçu de ce sympathique oiseau, puisqu'il n'est présent sur l'île que d'avril à août, pendant leur période de reproduction. Bon à savoir !
À défaut de macareux, nous rencontrons au détour d'une petite route de gravier enneigée un autre animal emblématique : le cheval islandais. La législation du pays interdit l'importation de chevaux et le retour sur l'île d'un animal exporté. En plus du pas, du trot et du galop, cette race est connue pour deux allures supplémentaires : le tölt et l'amble volant.

Chevaux islandais © Pixabay
Nous profitons de notre escale à Húsavík pour partir observer les baleines. Le vent est glacial et les animaux se montrent peu ce jour-là : cela fait partie de l'observation de la faune sauvage. Malgré les combinaisons prêtées et un chocolat chaud, nous rentrons au port frigorifiés après deux heures et demie d'excursion.

Port de Husavik © Rémi Trolais

Bateaux au port de Husavik © Rémi Trolais
Nous croisons également des moutons, omniprésents sur l'île (plus nombreux que les islandais !) ainsi que des rennes.
Voir les aurores boréales en Islande
Seule déception de notre séjour : ne pas avoir vu d'aurores boréales. Pourtant, nous n'avons eu que deux jours de pluie intermittentes, et la période était propice à l'observation de ce phénomène (de fin septembre à mars/avril) ; le ciel n'a cependant jamais été assez dégagé pour observer les aurores boréales. C'est la vie ! Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : une nuit, notre site de référence https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/ indique un taux de 3/9 pour la première fois du séjour, ainsi qu'un ciel relativement dégagé dans la zone où nous sommes. C'est décidé, après un petit somme, on se lève à minuit (dur, dur !), on s'emmitoufle, on prend la voiture, et nous voici parti pour une chasse aux aurores boréales. Mais après deux heures, il faut se rendre à l'évidence : nada ! En fait, plusieurs conditions doivent être réunies pour observer ce phénomène : pas de pollution lumineuse, un ciel parfaitement dégagé et... une bonne dose de chance ! Tant pis, ma quête d'aurores boréales est une raison de plus pour continuer à parcourir les pays nordiques en hiver.
C'est à contrecœur que nous rentrons en France au terme de ce périple. Avec ce programme un peu ambitieux, ces onze jours de voyage nous ont fatigués, mais c'est dépaysés et émerveillés que nous rentrons.
Pour finir, petit tour de clichés sur l'Islande :
- Oui, il fait froid en Islande l'hiver, mais pas forcément plus froid qu'en France à la montagne.
- Oui, la météo est capricieuse, mais un dicton islandais dit : "si tu n'aimes pas le temps qu'il fait, attend 5 minutes". C'est vrai.
- Oui, le soleil se couche tôt, mais c'est également la meilleure saison pour observer les aurores boréales (avec toutes les réserves que je vous ai exposées précédemment)
- Oui c'est un pays assez cher : et notamment les restaurants et l'alcool, mais ce sont des dépenses qu'on peut facilement réduire en prévoyant ses repas. De plus, la plupart des activités et attractions touristiques sont en pleine nature et donc... gratuites.
Ce voyage d'hiver nous a donné envie de revenir à une autre saison. Les longues distances et la météo demandent de la souplesse, mais les cascades, les bains chauds et les paysages volcaniques donnent un fil clair à l'itinéraire.

Village de Seyðisfjörður © Rémi Trolais
Pour prolonger ce récit, découvrez notre grande boucle en Islande, pensée pour parcourir l'île à pied et par la route sans enchaîner les étapes au pas de course.
Article écrit par
Cassandre Dufour
Experte des voyages en France, Suisse et Italie.
Après avoir quitté le Nord, sa région natale, Cassandre a vécu en Espagne, en Italie et en Ecosse pour finalement s’installer dans le Vercors, où le ski de fond est devenu sa nouvelle activité favorite hivernale. Aimant… Lire la suite
















