MUNICH-CÔME : De la patrie de Louis II aux doux rivages du lac de Côme

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Dimanche matin en ce début du mois d’août, une activité fébrile règne sur la gare principale (Hauptbahnhof) de München où se croisent de nombreux vacanciers. A ceux-là s’ajoutent, de plus en plus nombreux, les munichoises et munichois de tous âges arborant leurs costumes traditionnels. Vague impression « folklorique » de la capitale bavaroise alors que le port des "Lederhose", "Dirndl" et autres "Gamsbarthut" est totalement assumé.


Berceau de la dynastie Wittelsbach qui remonte à la fin du 12 ème siècle dont Louis II est le plus illustre personnage, la capitale de Bavière mérite une visite en amont du séjour. Au style baroque et rococo bavarois de ses nombreuses églises, sa célèbre place de la mairie au style gothique flamand, se mélange dans une influence italienne l’architecture de quelques monuments notamment autour de la place de l’Odéon. S’ajoute à cela de nombreux musées...


Munich, siège de BMW (BayerischeMotorenWerke) et de Siemens, n’est pas seulement une ville travailleuse et opulente, mais aussi une ville où la tradition très vivace de la bière, du bretzel et de la Weisswurst est joyeusement et bruyamment partagée dans les brasseries, stuben et autres Biergarten !!

Enseigne traditionnelle à Münich
Enseigne traditionnelle à Munich © Raymond Chabanier

Petit voyage en train et nous voici à Pfronten à un jet de pierre de l’Autriche au pied du Falkenstein: montagne qui nous surplombe fièrement de 400 m de haut où trône la ruine d’un château médiéval. C’est sur cet emplacement que Louis II de Bavière avait décidé de construire son 4ème château : choix qui lui fut fatal et précipita sa destitution par le Parlement de Munich. Son oncle Luitpold pris la régence du royaume jusqu’à la première guerre mondiale. Un petit air de « coup d’état familial » qui ferait sourire si l’on ne connaissait pas la tragique et triste fin par noyade du monarque dans le lac de Stanberg, non loin de Munich…

Ruines de Falkenstein
Ruines de Falkenstein © Pixabay

A présent, nous sommes devant deux semaines de randonnée soutenue à travers quelques-uns des plus majestueux paysages de Alpes. Au menu, quelques régions emblématiques : la Bavière en Allemagne, le Tyrol et le Voralberg en Autriche, l’Engadine en Suisse et la vallée du Valmalenco, en Italie, flanquée contre les flancs sud du massif de la Bernina. Programme ponctué par la traversée du lac de Côme, joyau bleuté dans son écrin de montagnes.
Sensation grisante de savoir que l’on va traverser l’arc alpin du nord au sud pendant deux semaines. Un bel effort amplement récompensé par la beauté du parcours.

Allgaü, Bavière
Allgaü, Bavière © Raymond Chabanier

Pendant 4 jours nous jouons d’abord à saute-moutons entre l’Allemagne et l’Autriche explorant cette partie des alpes calcaires du nord, paradis des vaches qui ruminent paisiblement dans d’abondants alpages où c’est l’occasion de goûter les différents Bergkäse.  

Alpage en Allgaü, Bavière
Alpage en Allgaü, Bavière © Raymond Chabanier

Véritable muraille dressée au-dessus de la plaine bavaroise, les alpes de l’Allgäu et du Tyrol nous offrent de vastes horizons depuis leurs sommets ainsi que de douillettes vallées comme à Tannheim et Holzgau en Autriche : villages bien typiques du Tyrol où hospitalité et humeur affable sont au rendez-vous. Cette ambiance de convivialité nous suivra tout notre périple.

Village typique du Tyrol
Village typique du Tyrol © Pixabay

A partir d’Holzgau, et pour les quatre journées suivantes jusqu’en Suisse, nous gardons une direction sud, sud-ouest à travers des régions autrichiennes méconnues des français: les alpes du Lech,  rivière du même nom qui coule à Holzgau, le massif du Verwall entre Sankt Anton et Silvretta et la région du Montafon en Voralberg. 
C’est l’occasion de faire un court passage à la chic et réputée station de ski de Sankt Anton avant notre entrée dans les alpes centrales par le massif du Verwall au relief vigoureux dont le Patteriol culmine à 3120m d’altitude. Cime pointue qui lui vaut parfois le surnom de Cervin local.

Nous passons justement à son pied côté sud par un col à 2 633 m, le Wannenjöchl. Ambiance garantie : pics élancés, chaos rocheux d’anciennes moraines, quelques névés à traverser, glacier du Fasul côté sud, des fleurs d’altitude aux couleurs éclatantes, des bouquetins et un joli lac glaciaire en contrebas du col. 

Sankt Anton
Massif du Verwall, Sankt Anton © Raymond Chabanier

Bel endroit pour un pique-nique si les nuages et le froid ne s’en mêlent pas…. C’est à Sankt Galenkirch, aux portes de la Suisse, que nous quittons ce sauvage massif du Verwall.

Nous basculons maintenant dans la deuxième semaine. 
Pour rejoindre la petite ville de Kloster en Suisse, entre massif de la Silvretta et Rätikon, nous suivons, panoramique, un ancien itinéraire de commerce entre l’Italie et l’Autriche via la Suisse par le sentier baptisé : Via Valtellina.
Kloster, voisine de Davos, est notre gare de départ : train pour Pontresina en Engadine, avant de rejoindre notre auberge tapie à 2000m d’altitude au fond du Val Rosegg. 

Gare de Kloster, Suisse
Gare de Kloster, Suisse © Raymond Chabanier

Nous nous trouvons alors au coeur d’une vallée glaciaire fermée au sud par un large cirque couvert de glaciers où quelques pointes s’élèvent jusqu’à 3500m. Côté Est, le Piz Rosegg, belle pyramide blanche de 3937m d’altitude, voisine du Piz Bernina culminant à 4049m. Nous sommes « à l’ombre » du 4000 le plus à l’est des Alpes.

Val Rosegg, Suisse
Val Rosegg, Suisse © Raymond Chabanier

L’Engadine dans le canton des Grisons accueille une partie de la petite communauté linguistique qui parle le romanche, mélange de langue latine et germanique pratiquée par environ 70000 personnes. Cette langue est cousine du ladin, parlée dans le coeur des Dolomites. Le romanche fait partie des 4 langues officielles de la Suisse aux côtés du français, de l’allemand et de l’italien.

Le lendemain, après avoir atteint le monde minéral du col Furcla Surleij à 2755m, belvédère unique sur le massif de la Bernina, nous descendons vers les grands lacs de Silvaplana et Maloja étalés dans un cadre verdoyant et majestueux et cernés par les hauts sommets. Petite halte au charmant village de Sils Maria à l’architecture traditionnelle de l’Engadine et idéalement situé entre les deux lacs. Nietsche y passa quelques étés en villégiature et sa maison est à présent un musée. « Ainsi parlait Zarathoustra » a été écrit ici.
Maloja, au sud du lac à 1800m d’altitude, fut le dernier lieu où habita le peintre Giovanni Segantini, très inspiré par la beauté des montagnes et la vie locale.

Pour les amateurs de géographie, c’est au-dessus du village de Maloja que la rivière l’Inn prend sa source à la sortie d’un petit lac de montagne, le lac de Lunghin 2495m d’altitude. L’Inn déboule d’abord en cascades jusqu’au lac de Maloja, traverse les grands lacs glaciaires jusqu’à St Moritz, puis dévale l’Engadine (haute vallée de l’Inn en romanche) pour filer en Autriche et couler dans la célèbre ville d’Innsbruck (pont sur l’Inn en allemand) et enfin terminer sa course après 517 km dans le non moins célèbre Danube à Passau, élégante ville allemande à proximité de la Tchéquie.

Lac de Maloja
Lac de Maloja © Raymond Chabanier

Il ne nous reste plus qu’à passer la dernière frontière pour accéder en Italie. Ce qui se fait au Passo Muretto (2562m) après un bel effort de 3 heures sur un chemin ancestral reliant le Valmalenco et l’Engadine. Lieu austère, minéral et en même temps lumineux qui récompense la fatigue des muscles sollicités depuis une dizaine de jours.

Randonneurs à Passo Muretto
Randonneurs à Passo Muretto © Raymond Chabanier

Au cours de la descente s’ouvre devant nous le superbe et encaissé Valmalenco. Vallée préservée, en cul de sac, qui vient buter contre le massif de la Bernina. Fini les chalets tout en bois, voici les maisons en pierres et aux toits de lauzes, architecture souvent associée aux alpes méridionales.
L’accueil chaleureux de Fanoni au refuge Tartaglione, la bonne cucina italiana ... la terrasse avec vue sur la face nord et le glacier de la Disgrazia (3678m), emblématique sommet de la région, nous stimulent pour une belle et solide randonnée le lendemain. C’est l’occasion d’explorer ce secteur à la géologie tourmentée et de savourer une dernière fois cette immensité de sommets et d’azur. 

Disgrazia Valmalenco
Disgrazia Valmalenco © Raymond Chabanier

Vendredi, en cette fin de parcours et après une courte randonnée jusqu’au village de Chiareggio, débute notre transfert pour Côme via Sondrio en Valtellina.  Le Valtellina, large vallée agricole entre le lac de Côme à l’ouest et le massif Adamello-Brenta à l’est est réputé pour sa viande bovine, la Bresaola, ainsi que pour son vignoble.

Colico, Lombardie
Colico, Lombardie © Raymond Chabanier

Puis 35mn de train au départ de Sondrio et nous voici à Colico au nord du lac de Côme. Ambiance Riviera....contraste assuré !!

Enfin 2h30 de bateau à naviguer sur le splendide Lario (nom du lac donné par les locaux) encaissé au milieu des montagnes alors que les rivages recèlent de nombreux palaces, villas cernées par des propriétés idylliques, villages qui rivalisent de charme. Une dernière courbe et Côme apparait, posée contre les derniers reliefs avant la grande plaine du Pô.

Lac de Côme
Lac de Côme © Raymond Chabanier

Ultime soirée et matinée à visiter et à flâner dans le centre-ville de Côme à l’architecture italienne qui nous séduit tant : duomo, abbatiale, piazze, loggia…
Pour l’anecdote, un certain Alessandro Volta naquit à Côme en 1745. Ce physicien inventa la pile voltaïque devenu plus tard la pile électrique.... 
Pour le reste, profitons de l’ambiance nonchalante, méridionale de la ville et délectons-nous d’espresso, pasta, pizza, gelati... 

La montagne est derrière nous. Mais quel fabuleux périple !

Cet article vous a plu ? Découvrez notre voyage à pied de Munich au lac de Côme ou bien encore notre fameux trek de Munich à Venise.

 

Crédits texte et photos : © Raymond Chabanier, accompagnateur Grand Angle.

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Prochain départ le 27/06/2021
Niveau
Durée
14 jours
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